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JEUDI 5 AVRIL 2018. Perruche à collier dans le Parc du Lycée Michelet à Vanves

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La perruche à collier a fait son nid en Ile-de-France

>Île-de-France & Oise>Val-d'Oise>Aéroport de Roissy|Thibault Chaffotte| 10 janvier 2018, 19h21 | MAJ : 10 janvier 2018, 20h31 |1
Illustration. Les perruches auraient colonisé la région parisienne entre les années 1970 et 1990 à partir des aéroports. LPO/Yacine Attik
 

Cet oiseau exotique, qui était surtout présent autour de l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle, continue de se développer dans les zones rurales et urbaines.

Elles font désormais partie du paysage. Les perruches à colliers sont devenues légion en Ile-de-France et leur présence continue de croître. Piaillement strident, plumage vert vif, longue queue et bec rouge, ce volatile originaire d’Afrique et d’Asie ne passe pas inaperçu. « Au départ, leur présence était d’abord limitée au pourtour de l’aéroport de Roissy, indique Julien Peynet, président de la fédération des chasseurs du Val-d’Oise. Après, on a vu la dispersion se réaliser, cela doit faire une dizaine d’années maintenant. Aujourd’hui, on en trouve partout : à Montmorency, Châtenay-en-France, L’Isle-Adam, du côté de Pontoise et même dans le Vexin. »

Les spécialistes estiment que le premier groupe de perruches s’est échappé d’un chargement à Orly (Val-de-Marne) vers 1974. A l’époque, une cinquantaine d’individus sont repérés dans ce secteur. Il est probable que ce scénario se soit reproduit à Roissy au début des années 1990.

Et si ces chargements de perruches sont arrivés en France, c’est en raison de la popularité de cet oiseau dans les animaleries. De nombreux particuliers l’apprécient ses qualités esthétiques. Il y a tout lieu de penser que certains se sont échappés de leur cage et sont allés grossir les colonies franciliennes.

 

De 1 100 individus en 2008 à 7 000 aujourd’hui

La population de perruches a ensuite évolué de façon exponentielle, notamment au cours de la dernière décennie. Elles étaient environ 1 100 en 2008. Philippe Clergeau, chercheur au muséum national d’histoire naturelle indique en voir recensé 5 000 il y a deux ans. « On estime qu’il y en a entre 7 000 et 8 000 actuellement », complète Olivier Païkine, chargé d’étude à la Ligue de protection des oiseaux (LPO).

La perruche s’est développée dans les zones rurales mais s’est aussi très bien adaptée à l’environnement urbain. Il y en a aussi à Paris, aux jardins des Plantes et celui du Luxembourg, ainsi qu’au parc Montsouris, où sa présence a été détectée dès 2008. Dans les Hauts-de-Seine, sa concentration dans le parc de Sceaux a conduit le conseil départemental à mettre en place un suivi scientifique et un site Internet destiné au grand public, pour avertir des conséquences possibles de cette prolifération.

Des attaques sur les pommiers

Faut-il s’alarmer de la croissance du nombre de perruches ? La principale nuisance qu’elle occasionne semble être le bruit qu’elles provoquent. Mais il y a aussi un risque pour les autres espèces de la même niche écologique. « Y aura-t-il une compétition ? interroge Julien Peynet. Il est top tôt pour le dire. »

« Pour l’instant ça ne pose pas vraiment un problème », estime Olivier Païkine. Quelques attaques sur des pommiers à Châtenay-Malabry (Hauts-de-Seine) ont néanmoins été enregistrées. Mais on est loin des dégâts enregistrés dans des vergers à Londres (Angleterre), ou sur des cultures en Israël et Afrique du Sud. L’office national de la chasse et la faune sauvage tente bien de limiter leur nombre. « On fait un gros travail de prévention en demandant aux gens de ne pas les nourrir, indique Paul Hurel, ingénieur à l’ONCFS. On vise toujours l’éradication, mais quand ça atteint ce niveau-là c’est inatteignable.

« Le réchauffement climatique les aide à se maintenir »Philippe Clergeau, professeur au Muséum national d’histoire naturelle et spécialiste de l’écologie urbaine.
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Comment cet animal exotique s’est-il adapté à notre environnement ?

C’est premièrement dû à l’alimentation. Elle mange un peu tout : aussi bien les fruits que les graines. Le deuxième critère d’intérêt que l’on a découvert, c’est que les gens les nourrissent beaucoup, directement ou indirectement. On les retrouve aux mangeoires pour les petits oiseaux. Ça leur permet de tenir l’hiver. Enfin, on n’a plus d’hiver rude. Avant, on avait régulièrement une semaine de gel, mais le réchauffement climatique permet à ces oiseaux de se maintenir.

Quels problèmes la perruche provoque-t-elle ?

C’est un sujet qui ne fait pas consensus. Certains trouvent qu’il y en a trop, que ça fait du bruit et que ça fait peur aux petits oiseaux. D’autres trouvent ça mignon et demandent à les laisser vivre. A Londres, où on en compte 30 000, les plaintes prédominent. Chez nous les conséquences sont peu nombreuses. Déjà parce que les perruches ne sont pas nombreuses. Il y a toutefois un impact l’alimentation des passereaux. Il y a aussi l’attaque des champs de tournesol et de maïs, mais dans de faibles proportions. Et puis, la perruche se loge dans les trous d’arbres occupés par les pigeons ou les chauves-souris, ce qui affecte notamment la reproduction de ces espèces.

Il y a deux ans vous annonciez une étude pour en savoir plus sur la perruche. Quels résultats avez-vous obtenus ?

Ce travail, financé par le conseil départemental des Hauts-de-Seine, nous permet de savoir d’où viennent les perruches : d’Inde. Leur présence est bien liée au transfert de ces animaux pour les animaleries franciliennes. On a aussi travaillé sur les morphologies. On a voulu savoir si elles s’adaptaient vite. En fin de compte ce n’est pas si évident. En parallèle, on a publié une étude sur les mangeoires, qui a été publiée dans une revue anglaise. Elle démontre que les perruches effrayent, par leur présence, les petits oiseaux.

Une application pour aider à mieux connaître ces oiseaux

Vous aussi, vous pouvez aider la science et participer aux travaux sur les espèces d’oiseaux. Pour cela, il faut utiliser l’application pour smartphone et tablette BirdLab. Cette quatrième saison de l’étude participative, que viennent de lancer AgroParisTech, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) et le Muséum national d’histoire naturelle, est dédiée au nourrissage des oiseaux.

Les participants sont invités à suivre en temps réel les déplacements de 24 espèces. Ils doivent avoir préalablement installé deux mangeoires garnies dans leur jardin ou balcon. Une fois qu’elles sont repérées par les oiseaux, les particuliers sont invités à noter les allées et venues des volatiles.

Depuis le lancement de BirdLab, en 2014, ces travaux ont permis d’attester de la forte concentration des perruches aux mangeoires situées dans des zones pavillonnaires d’Ile-de-France. Cette présence diminue toutefois dès que l’on se rapproche des parcs urbains publics, où la perruche bénéficie probablement d’autres ressources alimentaires. L’un des enjeux de cette 4e saison est de savoir si les perruches freinent l’accès aux mangeoires des autres oiseaux.

Application BirdLab, gratuit sur Android et iOS (iPhone).



05/04/2018

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