VANVES ACTUALITE

Le financement de Velib par les municipalités, intéressante réflexionsur le sujet. VELIB a coûté del'argent à Vanves par exemple

Le Vélib, symbole des dérives municipales

Velib by Susan S(CC BY-NC 2.0)

Le vélo en libre-service, Vélib à Paris, lancé en grande pompe il y a 10 ans est le parfait exemple de l’inefficacité des dépenses électoralistes de nos municipalités.

Par Patrice Soullier.

À la base, une bonne intention : développer le vélo, moyen de transport urbain, écologique et peu onéreux.

La mairie aurait pu se contenter de remplir sa mission : organiser l’espace public pour favoriser ce mode de transport (voies, parkings, fixer les règles et les faire appliquer) et laisser des opérateurs privés gérer la location courte ou longue durée. Elle aurait même pu aider ces nouveaux acteurs à émerger par des incitations fiscales.

Las, nos politiques ont besoin de faire du spectaculaire, montrer qu’ils ont des idées, qu’ils peuvent offrir un nouveau type de service public, sans que cela ne coûte « rien » aux Parisiens, dixit Mr Delanoe.

Des tanks à 4000 euros par an pour le Vélib

Après 10 ans, le résultat n’est pas au rendez-vous. Un vélib revient à 4 000 euros par an à la municipalité, ce qui conduit à un déficit de 16 millions d’euros chaque année.
Le service semble certes pratique pour les Parisiens qui n’ont pas eu d’autre choix que de s’habituer à ces tanks à deux roues.

Pour ceux qui veulent juste une location d’une journée c’est aussi un enfer aux bornes d’une lourdeur qui rappelle le minitel. Eux aussi n’ont pas le choix. Et tous les contribuables, utilisateurs ou non, financent le déficit.

En créant un quasi-monopole public avec l’éternel JC Decaux, qu’espérer d’autre ? Encore un exemple de ce mal français du capitalisme de connivence.

Mais l’illusion a tenu le temps d’une élection, Delanoe a bénéficié d’une bonne image et ce dispositif a essaimé dans toutes les grandes villes françaises, désormais en proie aux mêmes difficultés.

De nouveaux acteurs et une offre disruptive

Et puis, sans prévenir, des acteurs étrangers arrivent avec une offre plus compétitive : des vélos plus légers faciles à garer, une offre diversifiée, une concurrence qui va secouer le marché et risque de creuser encore le déficit velib. Ces opérateurs ne sont pas français, logique puisque le monopole public /capitalisme de connivence a bloqué leur émergence.

Alors c’est la panique ! La municipalité change en catastrophe d’opérateur, jette à la poubelle, sans prévenir, tout un dispositif de bornes (bravo pour l’environnement) laissant tout le loisir aux abonnés Velib d’essayer les vélos des nouveaux acteurs. Sans compter la hausse des tarifs à venir pour financer tout cela.

La mairie de Paris contredit 15 ans de politique

La panique étant mauvaise conseillère, la municipalité finit par atteindre un paroxysme de mauvaise foi et contredire 15 ans de politique en disant craindre, sans rire, l’« envahissement de l’espace public par le vélo en free floating ». On croit rêver !

Au lieu de s’en féliciter, d’y voir une grande victoire du vélo, et bien non ! Pire, la mairie envisage de créer une taxe (qui risque d’être contestée car anti-concurrentielle) pour les nouveaux acteurs, en anticipant les nuisances éventuelles avant même qu’elles aient lieu. Hidalgo invente la taxe Minority report.

Personne n’est dupe, il s’agit de sauver le soldat Vélib et surtout préserver un argument électoral pour une réélection déjà compromise. En effet, les incivilités peuvent être verbalisées (et le Vélib n’y échappe non plus) et les opérateurs n’y ont pas intérêt, pour leur image (ils offrent déjà un service de signalement des vélos mal garés).

La mairie prend le risque de limiter le développement du vélo et nous laisser dépendre d’un système public déficitaire qui finira par se payer très cher.

Une fois de plus, le volontarisme drapé des meilleures intentions produit l’effet inverse de celui escompté !

Au lieu de se lamenter sur la suppression de la taxe d’habitation, les mairies devraient simplement promettre à leurs électeurs de se concentrer sur leurs vraies missions.

Sources :

http://www.huffingtonpost.fr/2015/05/19/velo-cout-libre-service-paris-lyon-marseille-velib-velov_n_7311086.html

https://www.lesechos.fr/industrie-services/tourisme-transport/030804178923-velib-la-fin-dun-cycle-2127800.php

http://www.lemonde.fr/smart-cities/article/2017/11/16/la-mairie-de-paris-s-inquiete-de-l-arrivee-des-velos-en-libre-service-sans-station_5216030_4811534.html

Sur le web



02/01/2018

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